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Emilien Prodhomme, timbalier solo-percussions

Emilien Prodhomme, timbalier solo-percussions

Emilien Prodhomme, timbalier solo-percussions

 

Entré en mars 2009 à l'Orchestre, Emilien Prodhomme (29 ans) occupe le poste de timbalier solo-percussions et illustre le rajeunissement considérable que son pupitre a connu depuis quelques années.

 

Comme en êtes-vous venu à la percussion ?

Je suis issu d'une famille mélomane, mais plutôt tendance rock. Nous n'écoutions pas de classique à la maison. J'ai très tôt éprouvé l'envie de faire de la batterie et à 7 ans je m'y suis mis. Suite à un changement de professeur dans mon école de musique, près de Rennes, j'ai commencé à travailler avec un professeur de percussions, ajoutant à la batterie la pratique de tous les instrument à percussion (marimba, vibraphone, timbales, xylophone, etc.).

A partir de la classe de 6ème, j'ai suivi un enseignement à horaires aménagés au Conservatoire de Rennes. Après Rennes, je me suis perfectionné pendant deux ans à Créteil avant d'entrer en 2005 au CNSM de Lyon dans la classe Jean Geoffroy. J'ai étudié en tout cinq ans avec lui mais, en milieu de 4ème année, j'ai intégré l'Orchestre et j'ai donc fini mes études en faisant des aller-retours entre Toulouse et Lyon.

 

Comment s'est déroulée l'entrée dans l'Orchestre ?

Les concours pour des postes de percussionniste sont rares ; je crois qu'il y en a eu trois en France l'année de me mon arrivée à Toulouse. Avec le recul, c'est vraiment le plus beau poste qui se présentait à moi. Le concours a eu lieu en février 2009, nous étions une vingtaine de candidats, le programme était très chargé il s'agissait d'un poste de « percussions solo jouant les timbales » - je suis depuis devenu timbalier solo-percussions. Il fallait être capable de jouer toutes les parties solistes des percussions, de la caisse claire au glockenspiel en passant par le marimba, mais aussi pouvoir remplacer Jean-Loup Vergne aux timbales quand il n'était pas là. Je me présentais donc à un poste très complet avec un programme comprenant une quarantaine de traits d'orchestre, sept ou huit pièces solistes.

Vous imaginez ma joie au moment où j'ai appris que, à 23 ans, je devenais membre de l'Orchestre du Capitole, ce d'autant que la dynamique créée par l'arrivée de Tugan Sokhiev se faisait déjà sentir à l'époque donnant à Toulouse une place particulière parmi les orchestres de région français. Dès les premiers mois, j'ai fait beaucoup de tournées ; j'ai été immédiatement plongé dans le grand bain !

 

En arrivant à Toulouse, qu'elle était déjà votre expérience au sein d'un orchestre ?

A Rennes, à 18 ans, j'avais commencé à travailler avec l'Orchestre de Bretagne. Parallèlement à mes études au CNSM de Lyon, j'ai eu l'occasion de régulièrement collaborer avec l'Orchestre national de Lyon, mais aussi avec celui de l'Opéra de Lyon où j'ai fait presque deux années complètes. Des expériences qui m'ont évidemment été d'une grande utilité dans la perspective du poste que j'allais être amené à occuper à l'Orchestre.

 

En quoi la direction de Tugan Sokhiev se singularise-t-elle à vos yeux ?

J'apprécie sa vision globale des œuvres et sa manière de travailler. On sent vraiment qu'il sait où il veut aller ; ce qu'il propose, ce qu'il expérimente est toujours motivé. Tugan Sokhiev est d'une grande exigence dans son rapport avec ses musiciens, il cherche à tirer d'eux le maximum, tout en gardant un rapport de confiance et de proximité.

En qui concerne les percussions, il est à noter que c'est un chef qui – ce n'est pas toujours le cas – prête beaucoup d'attention aux percussions. Il se montre très exigeant envers notre pupitre qu'il s'agisse de la qualité du son ou la rigueur rythmique.

 

Quelques œuvres, quelques concerts qui vous ont particulièrement marqué sous la direction de Tugan Sokhiev …

La Cantate Alexandre Nevsky de Prokofiev à la Salle Pleyel – c'était mon tout premier concert avec l'Orchestre ! - , les Danses symphoniques de Rachmaninov que nous avons beaucoup jouées en tournée, Shéhérazade, la Symphonie fantastique, en particulier un soir au Teatro Colón de Buenos Aires, Le Sacre du Printemps lors de la tournée en Allemagne qui suivait la sortie du CD, et les Tableaux d'une exposition au Musikverein de Vienne en 2013 – un concert incroyable !

 

Quelles sont vos activités musicales parallèlement à l'Orchestre.

Avec Thibault Buchaillet, mon collègue percussions co-soliste arrivé il y a trois ans, et Aurélien Hadinyak, professeur au Conservatoire de Pau et ancien camarade du CNSM de Lyon comme Thibault, nous avons fondé le Trio Achronik. Il est tourné vers le répertoire classique de trio de percussions, la musique contemporaine et la création. Dans la série des Clés de Saint-Pierre nous venons de donner un concert comprenant une création, écrite pour notre trio grâce au mécénat d'AIDA : un ouvrage du compositeur lyonnais Jérôme Bertholon pour trio de percussions et électronique.

Par ailleurs, avec des collègues de l'Orchestre nous avons monté une production de L'Histoire du Soldat Stravinski. La première s'est tenue le 22 janvier à Lavelanet. Les sept musiciens sont issus de l'Orchestre, tout comme les trois acteurs (ils sont bassoniste, tromboniste et clarinettiste). La danseuse vient pour sa part du Ballet du Capitole. J'espère que ce spectacle pourra être repris, à Toulouse en particulier.

Enfin, je suis professeur depuis quatre ans à l'ISDAT où je forme des élèves jusqu'au niveau licence.