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Interview de Gabrielle Zaneboni, cor anglais solo

Interview de Gabrielle Zaneboni, cor anglais solo

Interview de Gabrielle Zaneboni, cor anglais solo

 

Membre de l'Orchestre depuis 2010, Gabrielle Zaneboni occupe le poste de cor anglais solo; une position stratégique du fait de la portée expressive des interventions de cet instrument à la sonorité troublante et mystérieuse. Jamais un compositeur ne fait appel à lui par hasard…

 

Quelle a été votre parcours avant votre entrée dans l'Orchestre ?

G. Z. : J'ai commencé l'étude du hautbois à Grenoble, ma ville natale, dans une toute petite école de musique d'abord, puis au Conservatoire. J'ai passé mon Prix là-bas en 2001, la même année que mon bac, puis j'ai poursuivi mon cursus à Paris. D'abord au CRR (aujourd'hui CRD) de la rue de Madrid, dans la classe de Jean-Claude Jaboulet, puis au CNSM chez Jacques Tys. J'ai de plus fait un Erasmus en 2008 en Allemagne, à Karlsrühe et mes études au CNSM se sont terminées en mai 2010.

Un peu après votre entrée à l'Orchestre donc ?

G.Z. : En effet, le concours d'entrée avait lieu en février 2010. A cette époque, je me souciais de mon avenir professionnel et j'étais dans une dynamique de concours d'orchestre. J'en ai passé beaucoup pour des postes de hautbois solo, mais j'avoue que j'ai préparé avec un soin tout particulier celui de l'ONCT dans la mesure où il s'agissait d'une poste de cor anglais solo. Pendant deux mois je n'ai fait que ça, j'étais totalement concentrée sur cet objectif. Il existe très peu de postes de cor anglais solo et j'ai toujours ressenti une affinité particulière avec cet instrument.

Vous êtes pourtant hautboïste de formation ?

G. Z. : Il n'existe pas de classe de cor anglais. On apprend le hautbois et, en cours de scolarité, on fait un peu de cor anglais. En quatre ans de CNSM nous n'avons ainsi eu qu'une masterclass de cor anglais - mais elle était donnée par le cor anglais solo du Philharmonique de Berlin…

Que représentait l'Orchestre du Capitole pour vous au moment où vous vous êtes présentée au concours ?

G.Z. : Je le connaissais de nom, de réputation pour tous les enregistrements de musique française effectués sous la direction de Michel Plasson. Mais j'avoue que je n'avais jamais assisté à un de ses concerts.

Qu'avez-vous ressenti lorsque vous avez appris que vous deveniez membre de l'ONCT ?

G.Z. : J'étais incroyablement heureuse ! Assez incrédule aussi, et cela tout au long du concours. A chaque tour, quand je voyais que mon nom restait sur la liste, j'étais tellement concentrée sur ce que je faisais que je ne réalisais pas trop ce qui se passait. Etant donné que mes études au CNSM de Paris n'étaient pas terminées, j'ai attendu de passer mon Prix pour entamer mon contrat. Mais je suis toutefois venue ponctuellement à Toulouse pendant ces trois mois de transition.

Quel est le premier ouvrage auquel vous avez participé ?

G. Z. : C'était le 4ème Symphonie de Mahler. Mais le souvenir le plus marquant a sûrement été l'opéra Iolanta de Tchaïkovski. J'avoue que je ne connaissais pas cette œuvre, très rarement donnée il est vrai. Tugan Sokhiev m'avait dit qu'il serait très heureux que j'y participe. L'ouvrage commence par une page de solo de cor anglais… C'était un vrai challenge, mais j'en garde un formidable souvenir !

Qu'appréciez-vous dans la méthode de travail de Tugan Sokhiev ?

G.Z. : Il est très exigeant dès le départ. Il a une idée très précise du son qu'il souhaite entendre et travaille à obtenir ce qu'il a en tête. Il y a beaucoup de dialogue, pendant les répétitions et en dehors de celles-ci. Il peut arriver que l'on travaille avec lui individuellement quand il n'est pas suffisamment satisfait du résultat.

Mon jeu, ma sonorité ont beaucoup évolué du fait de ce besoin de se fondre, de trouver le son au sein de l'orchestre et, aussi bien sûr, de savoir amener les solos. Je me sens très bien à un pupitre où l'ambiance est excellente et très en confiance sous la baguette de Tugan Sokhiev.

Le cor anglais se voit souvent confier des passages « stratégiques » …

G.Z. : Il y a en effet souvent du pathos. Les solos de cor anglais expriment en général beaucoup, ils ne sont jamais anodins.

Jouez-vous aussi du hautbois à l'Orchestre ?

G.Z. : Je peux être amenée dans certains cas à jouer second. Dans les symphonies de Mahler par exemple on trouve souvent des parties de hautbois jouant cor anglais. Mais étant donné que nous sommes cinq au pupitre, il est assez rare que je joue second.

Avez-vous des activités musicales en parallèle ?

G.Z. : Avec des collègues de l'Orchestre nous sommes en train de former un octuor à vent (2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons et 2 cors) qui s'appellera « L'Occtuor ». C'est un projet qui nous tient énormément à cœur.

Pour conclure, quel est votre prochain grand défi en matière de solo de cor anglais ?

G.Z. : Sans hésiter : Tristan et Isolde en janvier-février ; le solo par lequel débute le 3ème Acte… Le plus grand solo cor anglais de l'histoire de la musique !