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Jean-Sébastien Borsarello, timbalier solo

Jean-Sébastien Borsarello, timbalier solo

Jean-Sébastien Borsarello, timbalier solo

 

Entré à l'Orchestre début 2010 en tant que percussionniste jouant le célesta, Jean-Sébastien Borsarello est devenu timbalier solo au mois de juillet dernier. Il revient sur un parcours qui l'a conduit du piano à la percussion.

Comment en êtes-vous venu à la percussion ?

Jean-Sébastien BORSARELLO  Je suis issu d'une famille de musiciens – mon père est violoncelliste professionnel - et j'ai commencé par le piano. Mes parents m'ont proposé de m'y mettre à l'âge de cinq ans, parallèlement j'ai fait aussi un peu de violoncelle, mais la difficulté d'étudier les deux instruments en même temps m'a conduit à me concentrer sur le piano. La découverte de la percussion s'est produite un peu par hasard, vers l'âge de douze ans. Je chantais dans une chorale, j'étais près des percussionnistes de l'orchestre et j'ai été séduit par la variété des instruments qu'ils utilisaient, par une dimension très ludique aussi ; sans tarder j'ai demandé à mon père de commencer l'étude de la percussion.

Je m'y suis mis à 13 ans, d'abord au Conservatoire du XIe arrondissement à Paris où j'ai travaillé pendant deux ans avec Alain Bouchot. Puis je suis passé au CRR de la rue de Madrid dans la classe de Frédéric Macarez, 1er timbalier solo à l'Orchestre de Paris, et j'ai par ailleurs étudié le marimba avec Eric Sammut, lui aussi membre de l'Orchestre de Paris. A cette époque j'étais en horaires aménagés au Lycée Racine - études générales le matin et musique l'après-midi. Mais je n'avais pas abandonné le piano dont j'ai terminé l'étude dans un conservatoire municipal à Paris. Après six ans passés au CRR, j'ai tenté l'entrée au CNSM de Paris, sans succès, puis au CNSM de Lyon, où j'ai été admis, en septembre 2009, peu après mes 21 ans, dans la classe de Jean Geoffroy, l'un des très grands percussionnistes solistes français.

Vous avez aussi eu l'occasion de participer à l'Orchestre Français des Jeunes ?

En effet, alors que j'étais encore au CRR, j'ai passé l'audition et ai été pris en 2008 puis réinvité en 2009. J'ai donc successivement travaillé sous la direction de Dennis Russel Davies et de Kwamé Ryan. Ce n'était ma première expérience d'orchestre, j'avais entre autre joué dans l'orchestre du CRR, mais le travail de fond que j'ai effectué à l'OFJ s'est révélé très enrichissant. On y prend le temps de vraiment approfondir les choses, on y découvre le travail d'orchestre de l'intérieur. C'est Francis Petit, percussionniste du Philharmonique de Radio France qui nous faisait profiter de son expérience. Ce passage à l'OFJ m'a énormément servi pour la suite.

Comment s'est produite votre entrée à l'Orchestre du Capitole ?

Les choses se sont enchaînées très vite. J'ai commencé le CNSM de Lyon en septembre 2009, fin janvier 2010 je me suis présenté au concours d'entrée à Toulouse. Et j'ai été pris ! Le CNSM de Lyon a fait preuve de beaucoup de souplesse à mon égard. Une réduction de scolarité m'a été accordée et, en suivant quelques cours théoriques à l'ISDAT (Institut d'enseignement supérieur des Beaux-Arts et du Spectacle Vivant de Toulouse) et en allant régulièrement prendre mes cours à Lyon, j'ai pu finir ma licence en deux ans.

Comment avez-vous réagi à l'annonce de votre succès au concours d'entrée ?

Ça a été difficile à réaliser je l'avoue, je ressentais une mélange de jubilation et d'appréhension. J'avais peu joué dans des orchestres jusqu'alors, j'étais un étudiant tout frais et … assez intimidé de travailler sous la direction de Tugan Sokhiev dès la première série.

Comment se passe le travail avec lui, qu'est-ce qui singularise sa direction selon vous ?

Tugan Sokhiev est quelqu'un de très exigeant qui oblige chacun a donner le meilleur de soi à chaque répétition, et à chaque concert bien évidemment. Il fait confiance à ses musiciens mais, en même temps, aime avoir le contrôle sur ce qui passe. En concert, il sait laisser de la liberté à certains moments de l'œuvre et anticipe toujours pour reprendre les choses en mains avant que le moindre incident ait pu se produire. J'aime beaucoup cette façon de diriger.

Quelques œuvres dont vous gardez un souvenir très fort sous sa baguette…

Les Danses symphoniques de Rachmaninov, les Tableaux d'une exposition et, bien sûr, Le Sacre du Printemps, en particulier lors d'une soirée à Philharmonie de Cologne

Quelles sont activités en dehors de l'Orchestre ?

Je suis très impliqué en tant qu'administrateur dans les activités des Clefs de Saint-Pierre, une association qui regroupe des musiciens de l'Orchestre afin de promouvoir la musique de chambre. Nous organisons une saison de cinq concerts à Toulouse, à l'Auditorium Saint Pierre-des-Cuisines, mais aussi une saison à Tournefeuille où nous nous produisons cinq fois par an à L'Escale. J'ai eu l'occasion de participer à plusieurs concerts, à la percussion ou parfois au piano. Je forme par ailleurs depuis trois ans un duo flûte-marimba avec ma collègue Sandrine Tilly.

 

 

 

photo © Nicolas Berger