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Joseph Swensen

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Coup d'essai, coup de maître !

Vendredi 7 novembre - Halle aux Grains (20h)

 

Qu'on ne se fie pas à la numérotation : s'il porte le n° 2, le Concerto pour piano en si bémol majeur de Beethoven est en réalité le premier de la fameuse série des cinq Concertos pour piano. Le classement de l'Opus 19, créé en mars 1795 à Vienne, s'explique par le fait qu'il fut publié en 1801, un mois après le Concerto en ut majeur op. 15… qui s'était donc vu attribuer le n° 1 alors qu'il avait été créé l'année précédente seulement.

Moins célèbre que les quatre autres concertos pour piano, le Concerto en si bémol majeur s'avère pourtant passionnant et bien plus riche que certains commentateurs ne le prétendent. Difficile de résister à la lumineuse énergie de ses mouvements vifs et à la prégnance de son Adagio. Le frémissement expressif de cet épisode central démontre qu'une ère nouvelle s'ouvre avec Beethoven. « Sa musique déborde de souvenirs et de prédictions », a justement dit de lui le musicologue et pianiste Charles Rosen. Tout à fois tonique et d'une grande subtilité poétique, le jeu de David Kadouch, l'un des grands disciples de Dmitri Bashkirov, sied idéalement à la jeunesse de ton de l'Opus 19.

Coup d'essai, coup de maître aussi que la 1ère Symphonie « Titan » de Gustav Mahler. Avec cette réalisation, le compositeur posait le premier jalon d'un corpus essentiel de la musique symphonique à la charnière des XIXe et XXe siècles. Ecrite en 1888 dans une première version en cinq mouvements (intitulée « Poème Symphonique »), la Symphonie « Titan » doit son titre au roman éponyme de Jean-Paul Richter et fut créée dans cette mouture en 1889 à Budapest, sans aucun succès. Après d'autres exécutions, à peine plus concluantes, Mahler révisa ce qu'il qualifiait d' «enfant de douleur » entre 1893 et 1897.

Au terme d'une gestation compliquée, la Symphonie en ré majeur était parvenue à la version définitive en quatre mouvements que nous connaissons. Avec son « mélange de douleur et d'ironie, de grotesque et de sublime, de tragique et de joyeux », pour reprendre les termes d'Henri-Louis de La Grange, la « Titan » affirme d'emblée un caractère résolument mahlérien. « Enfant de douleur » ? Peut-être… mais réussite incontestable, que l'on s'impatiente d'entendre sous baguette de Joseph Svensen, mahlérien fervent et grand ami de l'Orchestre.

 

 

 

 

 

photo : Joseph Swensen © Jack Dine