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Les musiciens de l'Orchestre

Les musiciens de l'Orchestre

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Benoît HUI, corniste

 

«Tugan Sokhiev joue de son orchestre comme on joue d'un instrument »

A l'Orchestre depuis la mi-janvier, Benoît Hui occupe le poste de cor grave jouant le 2ème et le 4ème cor et le tuben. Retour le parcours et premières impressions d'un instrumentiste de 25 ans seulement.

Comment êtes-vous venu à la musique et au cor ?

Benoît Hui : Je suis issu d'une famille de musiciens, mon père est chef d'orchestre (1) et ma mère a un prix de contrebasse du CNSM de Paris. Mes débuts en musique se sont toutefois produits tardivement. J'avais 16 ans lorsqu'un cousin qui étudiait le cor m'a laissé souffler dans son instrument ; tout a commencé ainsi. Après quelques mois en autodidacte, j'ai intégré le Conservatoire de Rennes – ma ville d'origine – où j'ai étudié auprès de Christian Roussel pendant deux ans, tout en bénéficiant en parallèle des conseils de membres de l'Orchestre Symphonique de Rennes. Puis, après un an au Conservatoire de Nantes chez François Mérand, j'ai pris la direction de Paris, pour travailler à Genevilliers avec Patrice Petitdidier et avec Jérôme Rouillard au CRR de Paris. Enfin, en 2014, j'ai eu la chance d'intégrer le CNSM de Paris dans la classe de Jacques Deleplanque. Si toutes ces rencontres ont compté, je dois mettre un accent particulier sur celle avec ce dernier. Il m'a fait travailler dans la perspective du concours à Toulouse et m'a donné toutes les armes pour le passer dans les meilleures conditions, du fait de sa connaissance de l'Orchestre et de l'esthétique sonore de Tugan Sokhiev. Après avoir d'abord pris un congé, j'ai décidé de démissionner du Conservatoire en mars dernier afin de me dédier pleinement à mes activités à l'Orchestre.

Quelles avaient été vos premières expériences symphoniques ?

B.H. : En tant que musicien supplémentaire, j'ai travaillé avec l'Orchestre Symphonique de Bretagne, l'Orchestre national des Pays de la Loire, mais aussi avec l'Orchestre symphonique de Mulhouse et - à trois reprises, sous d'autres baguettes que celle de Tugan Sokhiev - avec l'Orchestre national du Capitole. Et je n'oublie pas bien sûr la formidable expérience de l'Orchestre Français des Jeunes en 2013, sous la conduite de Dennis Russel Davies, dans un programme Wagner - Ravel (avec Bertrand Chamayou en soliste du Concerto en sol). L'année suivante, toujours au sein de l'OFJ, j'ai eu le bonheur de participer à un concert à la Philharmonie de Berlin.

Quelle image aviez-vous de l'Orchestre avant de l'intégrer. Comment s'est déroulé le concours en décembre 2015 ?

B.H. : L'Orchestre national du Capitole est une formation digne d'un grand orchestre parisien, avec l'avantage de se trouver dans une région ô combien sympathique. C'est un rêve que s'imaginer membre d'une phalange au rayonnement international qui – point essentiel pour moi – permet d'alterner le répertoire symphonique et le lyrique.

Nous étions une bonne vingtaine de candidats sur la ligne de départ. Le premier tour, derrière un paravent, s'est terminé de façon assez stressante car on m'a arrêté quelque notes avant la fin – j'ai su par la suite que Tugan Sokhiev considérait en avoir largement assez entendu. Le deuxième tour – plus que quatre candidats - s'est très bien déroulé avec un concerto de Mozart et quelques traits d'orchestre. Nous étions deux en finale et les résultats sont tombés très rapidement. A peine avais-je eu le temps d'aller poser mon instrument que l'on est venu me chercher pour m'annoncer la bonne nouvelle. J'avoue

avoir mis un certain temps pour prendre la pleine mesure de ce qui m'arrivait ...

Vous aviez déjà participé en tant que supplémentaire à l'Orchestre avant le concours, mais jamais encore sous la direction de Tugan Sokhiev. En quoi sa direction, sa conception du travail vont ont-elles le plus surpris ? Et comment s'est passée votre intégration à l'Orchestre ?

B. H. : Tugan Sokhiev est quelqu'un qui ne laisse pas de place au doute, pour lui-même déjà. Il joue de son orchestre, comme un musicien de son instrument ; c'est très impressionnant. Il ne lui est pas nécessaire de beaucoup parler pour parvenir au résultat qu'il vise, pour faire passer les émotions.

L'Orchestre est une formation très jeune et je m'y suis rapidement fait des amis. J'ai immédiatement ressenti une excellente atmosphère de travail et des contacts faciles et chaleureux avec les collègues en dehors des concerts.

Y a-t-il quelques moments précis de ces premiers mois qui restent gravés dans votre mémoire ?

B.H. : J'avoue que le programme Brahms par lequel nous avons terminé la saison dernière m'a énormément marqué. La Symphonie n° 1 en particulier, du fait de la direction de Tugan Sokhiev bien sûr, mais aussi parce que Jacques Deleplanque était au premier cor, moi au deuxième, et qu'une connexion très forte s'est installée entre nous. Mais je m'en voudrais de pas mentionner une soirée merveilleuse au Bolchoï en avril et trois concerts au Musikverein de Vienne en mai. C'était la première fois que je me rendais dans ces lieux mythiques ...

Avez-vous des activités musicales parallèlement à l'Orchestre ?

B. H. : Le 10 septembre je participe à un concert, mi-chambriste mi-symphonique, de l'orchestre L'Enharmonie (qui a été fondé par le hautboïste Serge Krichewski et rassemble des musiciens de l'Orchestre et des amateurs), avec François-René Duchâble au piano. (2)


 


 

(1) Philippe Hui est le fondateur et le directeur musical de la Philharmonie des Deux Mondes

(2) Le 10 septembre, à 17h30, à la Ferme Vivaldi / 31340 Vacquiers (œuvres de Beethoven, Mozart, Schumann, Schubert).