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Les musiciens de l'Orchestre

Les musiciens de l'Orchestre

Les musiciens de l'Orchestre

 

Joséphine Poncelin de Raucourt, flûtiste

Elle vient d'avoir 23 ans et a intégré l'Orchestre à la rentrée, au poste de seconde flûte jouant le piccolo et la première flûte. Pour Joséphine Poncelin de Raucourt, un rêve s'est réalisé ... et une véritable vocation de musicienne d'orchestre s'accomplit.

Comment êtes-vous venue à la musique et à la flûte ?

J'avais sept ans lorsque mon père, simple mélomane, m'a proposé de m'inscrire à l'Ecole de musique de Nancy, ma ville natale. J'ai visité l'établissement, croisé par mal de professeurs, dont celle de flûte, qui m'a semblée sympathique ... Et je me suis dirigée vers cet instrument ! Tout s'est immédiatement bien passé avec ce professeur, qui a su me transmettre une certaine passion. Vers 11 ans, avec l'Ecole de musique, nous avons fait un voyage au Japon, à Hiroshima. J'ai trouvé formidable de voyager pour faire de la musique avec d'autres ; une grande part de ma vocation de musicienne d'orchestre est je crois née là. A 14 ans je suis entrée au Conservatoire de Nancy (dans la classe de Sophie Dardeau) et j'ai à partir de ce moment effectué ma scolarité en horaires aménagés. En 2011, année de mes 18 ans, j'ai obtenu à la fois mon bac et mon DEM.

D'autres auraient alors visé le Conservatoire de Paris. Dans votre cas, ça a d'abord été le Conservatoire de Rotterdam : pourquoi ce choix ?

Je connaissais Juliette Hurel, flûtiste à l'Orchestre Philharmonique de Rotterdam et professeur au Conservatoire de cette ville. C'est une artiste que j'admire beaucoup et je tenais à étudier avec elle. Le contact a été d'emblée excellent entre nous et pas un instant je n'ai hésité à partir aux Pays-Bas. J'ai passé trois ans à Rotterdam (2011-2014), jusqu'à l'obtention de ma licence (bachelor).

Ce qui veut dire que, tout en ayant étudié à Rotterdam, vous vous inscrivez pleinement dans la tradition de l'école française de flûte, grâce à Juliette Hurel ...

Totalement, et cela se poursuit aujourd'hui : après avoir quitté Rotterdam, je me suis inscrite, toujours en licence car mon âge me le permettait, au Conservatoire National Supérieur de Paris. J'y travaille avec Sophie Cherrier, flûtiste à l'Ensemble intercontemporain, et son assistant Vincent Lucas, membre de l'Orchestre de Paris, ainsi qu'avec Pierre Dumail pour le piccolo. Il me reste encore deux années à accomplir pour obtenir mon master ; je vais donc mener de front l'Orchestre et les études au CNSMDP - où je dois dire que mes professeurs font preuve de beaucoup de souplesse dans l'aménagement de mon emploi du temps.

Quelle a été votre pratique de la musique d'ensemble et d'orchestre parallèlement à vos études ?

J'ai eu énormément l'occasion de jouer en public et de faire l'expérience de la scène aux Pays-Bas, en participant à des ensembles ou à de petits orchestres, très nombreux là-bas. Il y a des mélomanes qui organisent des concerts privés pour trente, pour soixante personnes. Juliette Hurel m'a en outre rapidement intégrée dans le circuit des remplacements de l'Orchestre de Rotterdam, ce qui a constitué une irremplaçable expérience pour moi. J'ai eu le bonheur de jouer sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Je dois aussi ajouter ma participation à l'Orchestre Néerlandais des Jeunes – une formation comparable à l'Orchestre Français des Jeunes – pour deux tournées d'hiver en 2012 et 2014, une dizaine de jours à chaque fois, aux Pays-Bas essentiellement, mais parfois aussi en Belgique et en Allemagne. Une très belle expérience, au même titre que l'Académie du Festival de Lucerne l'an dernier et cet été, durant laquelle j'ai travaillé beaucoup de répertoire contemporain.

On peut donc parler de vocation de musicienne d'orchestre dans votre cas ?

Oui vraiment, c'était mon rêve que de pouvoir pratiquer la musique en groupe, de voyager. J'aime le mouvement, la diversité des expériences.

Que représentait l'Orchestre national du Capitole pour vous avant de vous présentez au concours en juillet dernier ?

Un très grand nom parmi les orchestres français. Un nom qui me faisait rêver... mais cela demeurait de l'ordre du rêve ...

Il s'est réalisé ! Comment s'est passé le concours d'entrée ? Comme avez-vous réagi au moment de l'annonce de votre admission ?

Le concours a été un moment éprouvant ; nous étions presque 80 candidats sur la ligne de départ. Au premier tour, je suis passée dans le groupe du soir ; il était 23h environ ... L'attente avait été longue ... Au deuxième tour nous n'étions plus que huit, quatre au troisième, et pour terminer une épreuve à trois, avec un entretien où Tugan Sokhiev nous a posé des questions. Quant à ma réaction en apprenant la bonne nouvelle : des larmes ... de bonheur !

Comment se déroule votre intégration à l'Orchestre ?

Les choses se passent naturellement, beaucoup de gens sont venus spontanément me voir pour me souhaiter la bienvenue, s'inquiétant de savoir si j'avais résolu la question de mon logement à Toulouse, etc. Je viens juste d'arriver, il me reste encore des connaissances à faire évidemment, mais je ressens une atmosphère très chaleureuse.

Le premier concert de la saison, avec la Symphonie fantastique entre autres, vous a permis de découvrir la baguette de Tugan Sokhiev. Vos premières impressions ?

La Fantastique est une œuvre que l'Orchestre et son chef connaissent très bien. Dans un cas tel que celui-là, Tugan Sokhiev n'a pas besoin de battre la mesure, il peut se concentrer totalement sur la musique, par des expressions du visage, des gestes. C'est une expérience un peu particulière pour une jeune musicienne qui vient d'intégrer l'Orchestre, mais c'est extrêmement inspirant. Tugan Sokhiev sait très précisément ce qu'il veut, mais se laisse toujours une part de spontanéité. L'Orchestre a beaucoup joué la Fantastique durant les mois passés, mais on ne ressent absolument aucune routine. L'interprétation conserve une grande fraîcheur.

Avez-vous des activités musicales parallèlement à l'Orchestre ?

Je forme un duo avec le harpiste Léo Doumène, un ami, qui est actuellement étudiant au CNSM de Paris. Nous nous connaissons depuis longtemps car nous sommes tout deux nancéens – nous étions ensemble au conservatoire là-bas. Des concerts se profilent pour l'été prochain dans divers festivals.