Saison 17-18

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jeudi
5 octobre
20:00

Maxim EMELYANYCHEV / direction
Richard GOODE / piano

MENDELSSOHN OUVERTURE EN SI MINEUR, « LES HEBRIDES », OP. 26 MOZART CONCERTO POUR PIANO ET ORCHESTRE N° 18 EN SI BEMOL MAJEUR, K. 456 MENDELSSOHN SYMPHONIE N° 3 EN LA MINEUR, « ÉCOSSAISE », OP. 56

 
Grâce et génie
 
Mozart et Mendelssohn partagent le privilège des enfants prodiges. Auteurs de chefs-d’œuvre à l’âge où d’autres découvraient la musique, ils déploient tous deux une grâce évidente, faite d’émotion et de séduction. Entendre le Concerto pour piano et orchestre n°18 sous les doigts de Richard Goode est un privilège, tant le pianiste américain, immense spécialiste du répertoire classique, s’est fait rare en Europe ces dernières années.
 

Composé en 1784, le Concerto pour piano n°18 fut un des grand succès de Mozart (1756-1791) : l'empereur Joseph II se serait écrié à son écoute : « Bravo Mozart ! » Une consécration bienvenue – et totalement justifiée : ce concerto est l'un des plus envoûtants, des plus éminemment charmeurs que Mozart ait alors composé. La grâce des mouvements extrêmes, le dramatisme du mouvement lent central, tout porte ici la marque du génie libre et naturel. Enfant prodige comme Mozart, lui aussi pianiste virtuose avant que d'être compositeur et, comme lui, mort beaucoup trop tôt, Felix Mendelssohn (1809-1847) laisse une œuvre étonnante par sa force et sa diversité. Classique de formation, romantique par sensibilité, il marque à tout jamais la musique du XIXe siècle par son style fulgurant, ses audaces aussi. Sa Symphonie n°3, dite « écossaise » (1829-42) car née d'un voyage qu'il effectua au pays de Walter Scott, est une véritable épopée fantastique. Mendelssohn y déploie des paysages musicaux bouleversants. L'Ouverture Les Hébrides (1829-32) participe de la même esthétique, très pittoresque, d'une émotion à fleur de peau. Impressionniste avant la lettre ?

Pianiste new-yorkais bien connu pour ses interprétations du répertoire classique, Richard Goode officiera pour le concerto Mozart. Il est de ces artistes qui marquent l'auditeur par l'évidence de son jeu, simple, naturel, puissant, sans affectations. De Bach à Brahms en passant par Beethoven, Schubert et Schumann, ou comme ici chez Mozart, il est de ceux qui marquent par leur simplicité et l'économie des moyens. Un poète du clavier. À la tête de l'orchestre, le jeune prodige Maxim Emelyanychev n'est pas sans rappeler Mozart lui-même : artiste feu-follet, aussi à l'aise dans le répertoire baroque (il est à la tête de l'ensemble Il Pomo d'Oro, avec lequel il se produit et enregistre avec la grande mezzo-soprano Joyce DiDonato) que classique ou romantique, il est de ceux que l'on remarque immédiatement. Il semble traversé par la musique, tant elle jaillit de lui avec naturel. Un artiste dont le nom sera très vite aux côtés des plus grands.

 
 
 
© Emil Matveev, Steve Risking