Saison 18-19

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samedi
6 janvier
20:00

Tugan SOKHIEV / direction
Elisabeth LEONSKAJA / piano

BEETHOVEN CONCERTO POUR PIANO ET ORCHESTRE N°4 EN SOL MAJEUR, OP. 58 SCHUBERT SYMPHONIE N°9 EN UT MAJEUR « LA GRANDE », D.944

 
Le miracle Schubert
 

A la charnière entre un classicisme finissant et un romantisme en pleine ébullition, Beethoven et Schubert sont assurément les deux grandes figures de la modernité musicale du début du XIXe siècle. L'un comme l'autre, chacun avec sa propre sensibilité – volontaire et farouche pour l'Allemand, plus rêveuse pour l'Autrichien – ils ont contribué à poser quelques-uns des plus inestimables jalons de la musique, qui ne sera plus jamais la même après eux.

Le Concerto pour piano et orchestre n°4 de Beethoven (1806) est lui-même une œuvre charnière. Les derniers relents du Siècle des Lumières encore audibles dans ses trois premiers opus laissent ici place à un discours musical nettement plus sombre, pour ne pas dire torturé. Le piano et l'orchestre dialoguent d'une manière simplement inouïe, loin des formules habituelles du genre, et laissent parler chacun sa poésie propre. Le mouvement lent de ce concerto est d'ailleurs considéré, à juste titre, comme l'un des moments clés de ce basculement esthétique de Beethoven. La musique fouille ici les tréfonds de l'âme et n'a pas peur d'en faire jaillir les aspects les plus sombres. Qui mieux qu'Elisabeth Leonskaja, l'une des plus grandes poétesses du piano, pour rendre justice à ces pages tour à tour violentes et introspectives, élégantes et sombres ?

Avec son ultime symphonie (1825), Schubert frappe un grand coup : Schumann dira de cette œuvre, lorsqu'il la joue à Leipzig quelques années après la mort du compositeur, qu'elle est la plus grande pièce orchestrale depuis Beethoven. Monument par ses dimensions (elle dure presque 1 heure !) comme par son étourdissante qualité musicale, elle mêle la veine mélodique propre à Schubert, avec son inimitable art du chant et de la cantilène, à une structure audacieuse qui s'amuse à reprendre, à sa manière, quelques-uns des procédés mis en place par Beethoven dans ses propres œuvres symphoniques. Un chef-d'œuvre intemporel.

 
Ce concert sera diffusé en différé par Mezzo.
 
 
 
© Marco Borggreve