Saison 18-19

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samedi
10 mars
18:00

Tugan SOKHIEV / direction

TCHAÏKOVSKI SUITE DU « LAC DES CYGNES »

 
Avec Tchaïkovski !
Une heure consacrée à un chef-d'œuvre du répertoire
 

Quand Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) décide de se lancer dans la composition d’une musique de ballet, le geste est tout sauf anodin. Rares étaient en effet les grands compositeurs à accepter de s’inféoder aux diktats de la danse, a fortiori à ceux d’un chorégraphe. Tchaïkovski, contrairement à ses prédécesseurs, était avant tout considéré comme un symphoniste (même si les plus grandes restent encore à venir, il a composé ses trois premières symphonies entre 1866 et 1875), et on n’avait encore jamais vu un symphoniste composer une musique de ballet. Il est vrai qu’à son époque, en Russie, le ballet était devenu une forme d’expression artistique incontournable. Lorsqu’à l’été 1875, le directeur du Grand Théâtre de Moscou lui demande s’il accepterait de composer une musique de ballet pour son institution, Tchaïkovski a déjà un livret en tête. Quatre ans plus tôt, il avait déjà composé un petit Lac des Cygnes, « divertissement dansé » pour les enfants de sa sœur. L’histoire serait un mélange de divers contes populaires : une vieille légende bouriate (les anciens Mongols) tout d’abord, qui racontent qu’un chasseur aurait épousé une femme-cygne, tradition reprise par les frères Grimm (Six Frères Cygnes) et Andersen (Les Cygnes sauvages), tandis que Le Voile dérobé de Johann Karl August Musäus complète la panoplie dont va s’inspirer le compositeur. L'histoire en est simple : le jeune prince Siegfried étant devenu majeur, il lui faut trouver une épouse. Pour ce faire, sa mère organise un grand bal. Désolé de ne pouvoir choisir sa future épouse par amour, il se rend durant la nuit dans la forêt, et voit passer quelques cygnes. Par réflexe de chasseur, il s'apprête à tirer avec son arbalète mais s'arrête soudain : devant lui se tient une belle femme recouverte de plumes de cygne – un cygne blanc. Elle apprend à Siegfried qu’elle s’appelle Odette et qu’un sorcier, Rothbart, lui a jeté un sort, qui le jour, la transforme en cygne tandis que, la nuit, elle redevient femme. Siegfried, fou d’amour, décide de l’épouser. Le lendemain, au bal, survient le sorcier Rothbart, avec sa fille Odile, vêtue de noir (le cygne noir !), véritable sosie d'Odette. Abusé par la ressemblance, Siegfried danse avec elle, lui déclare son amour et annonce à la cour qu'il compte l'épouser. Au moment où vont être célébrées les noces, la véritable Odette apparaît. Horrifié de sa méprise, Siegfried meurt de chagrin avec Odette.

Étrangement, le 4 mars 1877, la création du ballet n'est pas le succès attendu. Il faudra attendre les succès phénoménaux de La Belle au bois dormant et de Casse-Noisette pour que Petipa, conscient de la valeur extraordinaire de cette œuvre, la récupère pour Saint-Pétersbourg et en donne une nouvelle chorégraphie, fondatrice, le 15 janvier 1895. Le succès, immédiat, fulgurant, ne se démentira plus.

 
 
 
© Marco Borggreve